L’économie du partage dans le secteur du transport et de la mobilité

Déplacement par Adrien Geneste | 06.06.11

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Le 1er juin dernier se tenait à La Cantine, un colloque sur l’économie du partage appliquée au secteur du transport et de la mobilité. Animé par Silicon Sentier et Chronos, le débat a tourné autour de la question de la viabilité de cette activité en pleine expansion.

L’auto-partage : solution d’avenir
The Guardian s’y intéressait dernièrement et outre-Atlantique, le phénomène fait fureur. Présentant le concept, Robin Chase, CEO de buzzcar.com, n’a pas mâché ses mots. «Dans les grandes villes, l’idée de l’auto-partage doit devenir une évidence pour tous » martèle-t-elle. En effet, bien que la notion de covoiturage commence à se répandre dans l’Hexagone, le public français reste encore peu au fait de l’auto-partage. Contrairement au covoiturage, l’auto-partage permet à tout propriétaire de véhicule de mettre celui-ci à disposition d’un autre conducteur lorsqu’il ne s’en sert pas. « La surcapacité et la surpopulation de voitures dans les villes rendent impérative l’idée d’auto-partage entre particuliers. Même les petites entreprises avec des petites flottes de voiture peuvent mettre leurs véhicules à disposition ». Pour Robin Chase, si l’auto-partage apparaît aujourd’hui comme une évidence, dans les années à venir c’est en grande partie grâce aux réseaux sociaux et aux smartphones que le concept devrait se développer, ceux-ci facilitant grandement la mise en relation des différents acteurs.
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Le covoiturage en pleine expansion
Côté covoiturage, la France n’est pas en reste. Pour Frédéric Mazzela, président-fondateur de Comuto, éditeur de Covoiturage.fr, qui voit la fréquentation de sa plateforme multipliée par deux tous les ans, deux activités de covoiturage bien distinctes sont à prendre en compte. Tout d’abord, l’activité de covoiturage concernant les trajets domicile-travail. Pour ce genre de trajet, « les entreprises doivent mettre en place des plateformes de covoiturage entre salariés ». La seconde activité de covoiturage concerne les voyages longue distance, le plus souvent personnels et reliant des villes telles que Paris et Lyon, sur une distance de 300 kilomètres en moyenne.

Pourtant aujourd’hui, le business model du covoiturage grand public n’est pas encore très clair. Malgré un service viable et une offre considérable permettant de se rendre à peu près n’importe où à n’importe quelle heure, il n’est pas rare de devoir faire face à des annulations de dernière minute, de la part des passagers comme des conducteurs, ce qui entraîne un manque à gagner par rapport au partage des frais envisagé, ou un véritable contretemps pour les passagers. Afin de pallier ce problème, un système de réservation a été mis en place sur covoiturage.fr permettant au passager et au conducteur de s’engager en avance en payant préalablement le trajet, l’argent étant conservé par le site et reversé au conducteur une fois le trajet effectivement réalisé.

La SNCF suit le mouvement
En tant qu’opérateur de mobilité, la SNCF faisait partie de la discussion, par l’intermédiaire de Jean-Louis Jourdan, son directeur du développement durable. Ce dernier s’est arrêté sur la problématique des places de stationnement, qui manquent en effet cruellement aux alentours des gares. Insistant sur le fait qu’il était impossible d’étendre les parkings à l’infini, Jean-Louis Jourdan est donc convaincu que le développement du covoiturage et de l’auto-partage constituent les principales solutions. « Plus les voyageurs se concentrent au sein d’un même véhicule, plus il y aura de places disponibles » a-t-il ainsi brièvement conclu. Dans cette optique, la SNCF prévoit d’installer dans les halls des gares, des écrans indiquant les opportunités de covoiturage ou d’auto-partage disponibles à proximité. Une alternative moins coûteuse que le taxi, et réduisant de fait les coûts pour les conducteurs.

En progression permanente, l’économie du partage dans le secteur du transport et de la mobilité ne semble pouvoir être compromise. Néanmoins, des vides juridiques restent encore à combler et les collectivités doivent dorénavant se lancer dans ce qui semble être l’une des principales solutions d’avenir.

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Crédits photos : Chronos

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Source : Innov’City