La voiture, ennemi n°1 des grandes villes européennes

Sur un site d’info sur l’Europe que je viens de découvrir, voilà quelques chiffres qui démontrent l’engagement des européens pour ce changement radical – Laurence Briffa

 

REVELLI/SIPA
Le 05.07.2011 | 18:30 – Par  Laurence Estival (Paris)

Les grandes villes européennes ont déclaré la guerre à la voiture: péages à l’entrée, vélos en libre-service, rues piétonnes ou même « zones vertes » où les véhicules polluants sont bannis, tout les moyens sont bons pour limiter le nombre d’autos .

« Recherche collaborateur pour promouvoir l’usage du vélo et renseigner les habitants et touristes de passage sur les possibilités de circuler à bicyclette ». Telle est l’offre d’emploi proposée par la municipalité de Vienne en début de semaine. Dérisoire? Pas si sûr. La capitale autrichienne a en effet misé sur les deux roues pour limiter les voitures dans son centre.

Son objectif: doubler d’ici 2015 le nombre d’utilisateurs de la Petite Reine. Les pistes cyclables s’invitent sur de nombreuses artères et un service de vélo en libre-service a été créé, comme à Paris où le Vélib a franchi la barre de 100 millions de trajets depuis son lancement, il y a quatre ans. Une centaine de cités européennes se sont d’ailleurs équipées de bornes en accès libre, selon un article publié par le site du magazine allemand Der Spiegel en novembre dernier.

La Petite Reine à l’assaut des sièges sociaux

Ces initiatives séduisent les citoyens mais les entreprises commencent elles aussi à être conquises. En témoigne notamment Unilever à Hambourg: la société a financé sa propre station de vélos en libre-service pour encourager ses salariés à ne plus utiliser leur voiture pour se rendre à leur travail. Cette station a été aménagée par le prestataire choisi par la ville, la société StadtRad, filiale de la Deutsche Bahn – la SNCF allemande. La société entend bien faire les yeux doux à d’autres sièges sociaux.

La manne apportée par les entreprises peut faciliter la mise en place de ces systèmes coûteux. Barcelone, où des stations de vélos en libre-service ont également vu le jour, a choisi de financer le développement de son réseau par les fonds collectés grâce aux places de parking devenues quasiment toutes payantes.

Les transports en commun mobilisés

Dans leurs plans pour limiter l’usage des voitures, les villes jouent également sur le renforcement des transports publics. La ville de Vienne a inauguré il y a neuf mois un service de métro roulant toutes les nuits du vendredi au samedi et du samedi au dimanche ainsi que les jours fériés. Plus de 4 millions de personnes l’ont depuis expérimenté.

Nombre de villes se sont déjà converties au tramway. Zurich est allée plus loin encore: désormais, dans tout le centre, les trams sont prioritaires par rapport aux voitures, obligeant les automobilistes à s’arrêter sans cesse pour laisser passer les trains qui viennent leur couper la route.

Paris aussi, la circulation des bus s’est intensifiée et les projets de construction de mini-bus desservant des quartiers encore peu quadrillés par les moyens de transports en commun commencent à voir le jour: Montmartre a montré l’exemple. Depuis une Traverse-Charonne (20e), une ligne Bièvre-Monsouris (13e) et une ligne reliant le 19e au 20e ont vue le jour. En attendant l’arrivée de nouveaux minibus dans le 15e en 2013 ou la prochaine ligne reliant de 17e au 18e dont la RATP vient de remporter l’appel d’offre lancée par la Mairie.

Décourager les automobilistes

Hier synonyme de liberté, la voiture est aujourd’hui devenue signe de contraintes et ne fait plus recette: en cinq ans, le nombre d’habitants de Zurich ayant renoncé à avoir un véhicule est passé de 40 % à 45 %. Et pour décourager les récalcitrants, la cité suisse prévoit qu’en 2016 seule une voie reliant l’Est à l’Ouest de la ville devrait être ouverte aux voitures. Parallèlement, les zones piétonnes se multiplient, chaque nouvelle décision allant dans ce sens faisant l’objet d’un référendum.

Par ailleurs, comme dans d’autres villes d’Europe, les places de parking se font de plus en plus rares: elles ont diminué de 9 % depuis 2003. A Copenhague, c’est l’Agence européenne pour l’environnement qui a montré l’exemple: sur son parking, pour 150 places réservées aux bicyclettes, une seule est dédiée aux automobiles – destinée avant tout à accueillir les personnes handicapées… Dans la capitale danoise, 37 % des personnes qui entrent chaque jour dans le centre-ville utilisent désormais le vélo et l’objectif est d’atteindre 50 % en 2015.

« Zones vertes »

Aux quatre coins de l’Europe, les badauds peuvent également se promener en toute sérénité dans des quartiers réservés aux piétons, que ce soit d’une manière permanente ou temporaire comme à Paris où le Marais ne peut pas être emprunté par les voitures les samedis et dimanches après-midi. Le maire Bertrand Delanoë a également décidé à partir de 2012 de rendre les quais sur les berges de la Seine aux piétons et ce durant toute la semaine. Devant le musée d’Orsay et jusqu’à l’Alma, les automobiles n’auront ainsi bientôt plus droit de cité.

Dans une cinquantaine de villes allemandes, de Berlin à Cologne et passant par Francfort, ce sont les « zones vertes » qui ont le vent en poupe: des quartiers entiers, sans bannir totalement l’usage des véhicules, n’ouvrent leurs rues qu’à ceux répondant à des normes environnementales très strictes en matière de rejet de CO2. Une vignette spécifique doit d’ailleurs être collée sur le pare-brise et gare aux contrevenants qui se voient réclamer la somme de 40 euros et perdent un point de leur permis de conduire ! Les touristes sont également concernés.

Les initiatives les plus spectaculaires restent celles qui ont été prises à Londres et à Stockholm où il est désormais obligatoire de payer une taxe pour entrer dans le centre avec sa voiture. Qui dit mieux ?

Source : fr.myeurop.info

1 pensée sur “La voiture, ennemi n°1 des grandes villes européennes”

  1. Ces chiffres sont vraiment une bonne nouvelle. De ce côté là, l’Europe est vraiment en avance par rapport aux Etats-Unis où la voiture reste leur meilleur ami.

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