Le tram, on y revient ?

Voilà de quoi rester stoïque !… Après toutes ces pressions pour la mise en place de ce « nouveau » (je joue sur les mots, bien sûr) mode de transport ; voilà maintenant que rien n’est si sûr ! Mais que reste-t-il à l’Humain pour se déplacer ? …ses mollets musclés via des modes doux, peut-être ? ..Ceci est un autre débat et ailleurs ! Voyons voir ce qui est dit ici et maintenant !… Laurence

Source : LeMonde, du ar Olivier Razemon

Le retour des tramways ne fait pas l’unanimité…

 

Un coup dur pour le maire PS de Besançon qui a fait du projet tramway l'élément phare de son deuxième mandat.

 

La mode du tramway urbain a-t-elle fait son temps ? Le 15 mars 2012, les responsables des transports de l’agglomération de Belfort (environ 100 000 habitants) ont jeté un pavé dans la mare : « Halte au tout-tramway, économisons 50 milliards d’euros ! », proclament-ils en prônant « la révolution douce des transports publics ».

Encouragée par les pouvoirs publics depuis le Grenelle de l’environnement, l’installation d’un tramway coûte cher : « Vingt-quatre millions d’euros le kilomètre contre 9 millions par kilomètre de bus, alors que le tramway ne génère que 150 voyages par an et par habitant », affirme le chevénementiste Christian Proust, président du Syndicat mixte des transports en commun du Territoire de Belfort.

Délaissé par les villes françaises au milieu du XXe siècle, le tramway a fait sa réapparition dans les années 1980 à Nantes (Loire-Atlantique) puis à Grenoble (Isère).

Depuis, une quinzaine de grandes villes se sont équipées, et la vogue atteint désormais des agglomérations telles qu’Aubagne (Bouches-du-Rhône), Béthune (Pas-de-Calais) ou Chambéry (Savoie), qui développent chacune un projet.

Considérée autant comme un outil d’aménagement urbain que comme un moyen de transport, une ligne de tramway implique, outre un investissement important, un budget de fonctionnement qui, partout, se révèle déficitaire. De l’argent public dépensé « à fonds perdus », clame M. Proust.

Le Territoire de Belfort continue de miser sur le bon vieux bus. L’opérateur s’est lancé dans des aménagements peu coûteux de son réseau destinés à faciliter la vie des passagers. Avec succès, puisque la fréquentation des huit lignes desservant l’agglomération a doublé en quatre ans.

Une rupture

« Nous avons régulé les feux de signalisation, aménagé des couloirs réservés et supprimé la vente de tickets dans les bus », détaille M. Proust. Résultat, la vitesse moyenne des bus est passée de 14 à 21 km/h, tandis que la fréquence de passage des véhicules augmentait.

Depuis quelques semaines, les voyageurs peuvent suivre la progression des bus dans la ville en consultant un ordinateur ou un smartphone.

La ville veut aller plus loin, en investissant 40 millions d’euros, dont 13 millions qu’elle espère obtenir de l’Etat, dans l’aménagement du réseau en centre-ville.

Toutes les villes ne s’engagent pas dans la même voie que Belfort. Avignon vient ainsi d’investir 250 millions d’euros dans un tramway court (18 mètres) qui entrera en service en 2017. « Il fallait une véritable rupture pour attirer une clientèle qui n’est pas habituée à prendre les transports en commun », plaide François Leleu, vice-président (UMP) de l’agglomération, en charge des déplacements.

Pour Roland Ries, maire (PS) de Strasbourg et président du Groupement des autorités responsables de transport (GART), regroupant notamment des élus de grandes villes, peu importe le type de transports publics privilégié, « l’essentiel est de sortir du tout-automobile ». Pour y parvenir, les élus réclament davantage d’aides de l’Etat.