CO2GO calcule en temps réel les émissions de CO2 liées aux transports

Par Elsa Sidawy | 09.02.11
L’utilisation des téléphones dits intelligents pour mesurer la pollution, le trafic automobile ou le niveau de pollution sonore est aujourd’hui très prisée des chercheurs et entreprises qui multiplient les expérimentations en ce sens. Le SENSable City Lab du prestigieux Massachusetts Institute of Technology n’échappe pas à cet engouement et peaufine actuellement CO2GO, une application qui permettra aux usagers d’adapter individuellement le choix de leur mode de transports afin de diminuer l’empreinte collective liée à la mobilité.
Chacun pourra ainsi, portable en poche et sans aucune autre manipulation que le lancement de l’application, calculer au rythme de ses pas, de sa voiture, de son vélo, l’empreinte carbone de son trajet, quels que soient les modes de transports utilisés. Pour cela nul besoin de disposer du smartphone dernier cri, les chercheurs du SENSable City Lab tablent sur les capteurs déjà intégrés aux modèles actuels, qui, augmentés d’algorithmes très puissants offrent une application d’une précision déconcertante, capable de détecter le mode de transport utilisé, de l’avion au fauteuil roulant et de mesurer les émissions liées à ce déplacement. « Nous utilisons des données sensorielles enregistrées par des capteurs embarqués dans les smartphones, tels que le GPS, l’accéléromètre ou des requêtes géographiques en ligne », explique Kristian Kloeckl, chef du projet CO2GO au SENSable City Lab, qui n’exclut pas non plus la possibilité de recourir aux données enregistrées par le microphone du portable pour affiner le calcul. Cerise sur le gâteau, afin de ne pas alourdir l’empreinte carbone liée à l’utilisation de l’application, cette dernière « a été pensée pour solliciter au minimum la batterie du téléphone », note Kristian Kloeckl.
Pour calculer les émissions moyennes liées aux différents moyens de transports, l’équipe du SENSable City Lab du MIT se base sur les données délivrées par les instances officielles des différents pays, celles du ministère de l’Ecologie pour la France. Des données qui pourront donc varier en fonction des approches des différents pays.
Vers des compétitions entre usagers des transports
A la fin de chacun de ses trajets, l’utilisateur pourra les comparer avec la communauté des autres usagers de sa ville, les adapter ou les modifier le cas échéant, s’il en découvre d’autres plus sobres en terme d’émissions. Un nouveau gadget réservé aux plus avertis des citoyens qui savent déjà que prendre le métro est moins impactant que de prendre sa voiture personnelle ? Au contraire, affirme le chercheur : « l’expérience que nous avons montre que les données délivrées à l’utilisateur en temps réel agissent comme un puissant vecteur de conscientisation. Vous êtes plus conscient de votre impact sur l’environnement lorsque vous avez accès à des données concrètes ». Au final, l’usager pourra « échanger des itinéraires faibles en carbone avec les autres utilisateurs » sur une plateforme commune.
Pourquoi pas à terme imaginer des concours d’usagers les plus lights en carbone entre différentes villes d’un même pays ? « L’application compare vos émissions à celles du reste des citoyens de votre ville et vous indique si vous contribuez à une diminution ou à une augmentation de la moyenne des émissions », précise le chercheur.
Un partenariat franco-américain
Une application vaudrait donc mieux qu’un long discours en faveur des transports en commun ? La SNCF en est convaincue, puisque l’entreprise ferroviaire qui propose déjà un éco-comparateur, soutient financièrement CO2GO de longue date, d’où le lancement mondial de l’application en France d’ici fin 2011. A sa sortie française, CO2GO sera disponible gratuitement sur la plateforme Android et « nous étudierons la faisabilité d’une version iPhone, dans une prochaine étape du projet », indique Kristian Kloeckl. Intégrant également le calcul de calories brûlées en fonction du mode de transport utilisé, cette application devrait faire marcher les plus paresseux des usagers au doigt et à l’œil.
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Sources : Innov’City