Sophia Antipolis : perspective à l’horizon 2030

Quelques idées sur le thème de l’aménagement du territoire sophipolitain, qui fait déjà débat, dans les couloirs locaux ! … Laurence

Source : Invest In Côte d’Azur, thème des Projets structurants, le 12/03/2012

Une ambitieuse démarche prospective dévoilée lors du MIPIM* 2012. Le SYMISA a dévoilé ses réflexions prospectives pour une approche innovante de l’aménagement et du développement durable.
Lors du *Marché International des Professionnels de l’Immobilier qui s’est tenu à Cannes en mars 2012, le SYMISA (Syndicat MIxte Sophia Antipolis qui fédère les collectivités et acteurs locaux en charge du devenir de la technopole) a dévoilé ses réflexions prospectives pour une approche innovante de l’aménagement et du développement durables de Sophia Antipolis à l’horizon 2030, engagées avec l’Etat (propriétaire foncier de près d’une centaine d’hectares potentiellement urbanisables sur ce territoire) à travers les travaux en cours des trois grandes équipes pluridisciplinaires et parisiennes mobilisées en parallèle sur ce sujet, respectivement pilotées par REICHEN & ROBERT, TER et TVK TREVELO & VIGER-KOHLER.

Une vision prospective renouvelée pour affronter les défis contemporains.
Créé de manière particulièrement volontariste il y a près de quarante ans, sur la base de la « fertilisation croisée » entre la formation, la recherche et la production, dans une visée humaniste et selon un modèle spatial bien spécifique, le parc international d’activités de Sophia Antipolis est incontestablement une réussite économique (31 000 emplois dans 1 500 entreprises accueillies dans des bâtiments totalisant 1,3 million de m² insérés dans un parc de 2 400 hectares). Devenue dans les années 80 la première technopole européenne, Sophia Antipolis a acquis une renommée mondiale. Pour poursuivre sa trajectoire, Sophia Antipolis dispose aujourd’hui de grandes perspectives de développement, avec près de 400 hectares potentiellement urbanisables et des droits à construire définis d’environ 700 000 m².

Depuis la création de Sophia Antipolis, l’environnement économique, social et culturel s’est profondément transformé, avec les mutations accélérées dans les champs scientifiques et technologiques, avec la globalisation et l’émergence de nouveaux territoires économiques, proches de la technopole ou lointains. De nouvelles préoccupations sociétales se sont faites jour, particulièrement en matière environnementale avec un souci de l’art de vivre et du développement durable… Sur certains aspects de la vie quotidienne, comme celui des déplacements avec la prégnance de l’automobile, la technopole apparaît désormais décalée.

Sophia Antipolis est confrontée à de nombreux défis pour poursuivre sa trajectoire en restant un lieu de création et d’expérimentation, pour demeurer un espace attractif et visible à l’échelle internationale, pour entrer en synergie avec les nouvelles préoccupations sociétales autour du « développement durable », pour conserver sa place d’exception dans une période où toutes les grandes métropoles disposent d’espaces technopolitains, pour assurer une cohérence de la stratégie territoriale de développement à l’échelle globale de la Côte d’Azur.

Comment Sophia Antipolis doit-elle mobiliser ses ressources – notamment foncières – pour poursuivre sa trajectoire ? Comment, sans renier le modèle urbain fondateur qui a été une de ses clés de réussite, la cité sophipolitaine doit-elle évoluer, s’adapter et se régénérer ?

L’expertise de trois grandes équipes pluridisciplinaires mobilisée en parallèle
La réflexion, engagée en 2011, s’organise en trois grands moments :
Les fondements du projet de développement durable de Sophia Antipolis : le renouvellement du concept originel,
La traduction programmatique et spatiale de ce projet : « Plan-Programme de Référence » à l’horizon 2030 (avec une étape intermédiaire en 2020) et Schéma d’organisation spatiale
Des traductions opératoires pour la mise en œuvre du projet : modes innovants de production et de gestion urbaines, modalités de mobilisation des ressources foncières
Les trois équipes missionnées affinent un programme d’aménagement et un schéma d’organisation spatiale de Sophia Antipolis. Les ambitions sont fortes : la construction à l’horizon 2030 évolue entre 0,5 et 1 million de m².

Au-delà d’une pluralité des visions et d’une diversité des accents mis sur certains aspects, par exemple dans la prise en compte du paysage ou des réponses à apporter à la question de l’habitat, de grandes lignes de convergence émergent. La préoccupation du développement durable est soutenue, le souci d’apporter des réponses innovantes affirmé. Quelques orientations majeures méritent d’être soulignées dès à présent.

Sur le plan des concepts :
– La mise en visibilité dans l’espace public des savoirs générés par la technopole grâce à la mutualisation des compétences
– Un nouvel art de vivre au quotidien, dans un grand parc, prenant appui sur les activités de formation, de recherche et de production
– Le renforcement des spécificités et des identités des différents secteurs composant la technopole et l’organisation de leurs liens, comme l’exprime l’équipe TVK avec la notion d’Archipel
En matière de paysage :
– La valorisation affirmée de la topographie du territoire, de son réseau de vallées et de ses collines, de sa nature prégnante et forestière, de ses paysages en vue de promouvoir de nouveaux usages individuels et collectifs du territoire avec la constitution d’un espace public nouveau, comme l’exprime l’équipe TER avec la notion d’Hyper-parc

Dans le domaine de la mobilité :
– La réorganisation profonde du système de déplacements avec le développement de nouvelles mobilités – plus conviviales, plus douces, plus propres – pour maîtriser la place de l’automobile et permettre d’accéder à la technopole et de se déplacer sur le site de matière agréable, innovante et durable
– Le développement de modes collectifs, avec un appui sur le projet de Bus à haut niveau de service (BHNS) reliant la ville d’Antibes et la technopole, la vision d’une grande liaison à terme de gare à gare et la perspective de création d’une gare TGV à l’ouest du département

La question de l’habitat :
– Un accent sur une fonction résidentielle particulière à développer dans un contexte technopolitain : l’accueil temporaire des étudiants, chercheurs et visiteurs de la technopole
une réponse aux besoins d’habitat des usagers de la technopole se situant plutôt à une échelle géographique élargie

Une démarche qui se poursuit

Elle prendra une double direction.
La première s’attachera à la problématique de l’environnement naturel et du paysage, en vue de consolider la structure paysagère de la technopole (trame verte et trame bleue) et de mettre en place un dispositif de gestion coordonnée sur l’ensemble des espaces naturels du site.

Parallèlement, sera engagée une première étape de l’aménagement de Sophia Antipolis à l’horizon 2020, avec la mise en œuvre de plusieurs opérations-tests dès 2013 en application des nouveaux principes sur un secteur démonstratif de Sophia Antipolis et permettant par exemple de relier des opérations majeures déjà engagées (les Trois Moulins, le Campus STIC et les Clausonnes). Un fort accent sera mis sur une organisation innovante de la mobilité et la constitution d’un nouvel espace public attracteur et structurant, à l’image de la Côte 121 imaginée par l’équipe REICHEN & ROBERT.

Nice Matin en parle aussi, le 8 mars 2012 :

Sophia Antipolis en 2030: visions d’avenir au Mipim